L'ancien Premier ministre Edouard Philippe, président du parti Horizons, en campagne au Havre pour sa réélection le 28 janvier 2026 ( AFP / Lou BENOIST )
A quatre jours du premier tour des élections municipales, la présidentielle s'invite dans le débat mercredi avec un meeting d'Édouard Philippe au Havre où l'ancien Premier ministre brigue un nouveau mandat loin d'être acquis, l'issue du scrutin pouvant lancer ou sérieusement hypothéquer sa campagne pour l'Élysée.
Maire de la cité portuaire depuis 2010, élu au premier tour en 2014 et au second en 2020, Édouard Philippe rassemble ses partisans au théâtre Le Normandy (18h30). Au même moment, son principal adversaire, le député communiste Jean-Paul Lecoq, tient meeting salle Franklin.
Candidat déclaré à l'Elysée, le président d'Horizons a lui-même semblé lier sa trajectoire présidentielle à sa réélection au Havre. Sans toutefois prononcer de formule définitive. "Si je perds les élections municipales, je ne serai pas dans la meilleure des positions pour aborder la suite", a-t-il expliqué à Paris-Normandie.
Or pour la première fois, un sondage Opinionway publié le 25 février le donne perdant (42% contre 40%) face à Jean-Paul Lecoq dans l'hypothèse d'une triangulaire avec le candidat d'extrême droite UDR-RN Franck Keller, testé à 18% au premier tour.
Edouard Philippe lors d'un meeting du candidat Horizons aux municipales à Paris, Pierre-Yves Bournazel, le 10 février 2026 à Paris ( AFP / Thomas SAMSON )
Un sondage à prendre avec "de grandes précautions", a commenté Édouard Philippe lors d'un Facebook live lundi. L'étude a été commanditée par l'observatoire "Hexagone", financé par le milliardaire conservateur Pierre-Édouard Stérin.
Sa publication n'en a pas moins braqué les projecteurs sur la cité portuaire alors que dans la course à l'Élysée, Édouard Philippe a déjà vu sa cote sondagière s'éroder, bien qu'étant toujours en tête parmi les prétendants de la droite et du centre.
Une sorte de campagne à double détente donc, avec deux discours du maire sortant. La liste UDR-RN "est là pour perturber le jeu" de "l'affrontement traditionnel qui peut exister avec le député communiste" au Havre, a-t-il expliqué à ses administrés sur Facebook.
"Son objectif est de me faire perdre (...). Pourquoi ? Car il considère que cela fera un candidat en moins pour Marine Le Pen ou Jordan Bardella", a-t-il également théorisé auprès de La Tribune Dimanche.
- Le PS réplique à LR -
"L'UDR, c'est le cauchemar d'Horizons". "On va se débarrasser du N.1 au Havre et du N.2 à Nice", expliquait récemment une source au sein du parti d'Éric Ciotti, en tête dans les sondages face à Christian Estrosi dans la baie des Anges.
L'ancien Premier ministre Edouard Philippe, président du parti Horizons, présente le 11 février 2026 au Havre sa liste pour les élections municipales ( AFP / Lou BENOIST )
Au RN comme à l'UDR, on garde en travers de la gorge l'appel d'Édouard Philippe à voter pour Jean-Paul Lecoq face au RN lors des législatives de 2024, de même que le retrait du candidat Horizons dans la 4e circonscription de Seine-Maritime où l'Insoumise Alma Dufour a été réélue face au RN.
"Aujourd'hui, il n'y a pas d'opposition au Havre. Il y a une complicité entre Édouard Philippe et Jean-Paul Lecoq", a raillé Franck Keller, conseiller municipal sortant à Neuilly-sur-Seine.
Sollicité par l'AFP, M. Lecoq n'a pas souhaité "commenter les éléments de campagne et les ambitions présidentielles d'Édouard Philippe".
Le candidat PCF a déjà reçu les offres de service d'entre-deux tours de LFI dont la candidate, Charlotte Boulogne, est testée à 6% dans le sondage Opinionway. "Nous ferons tout pour battre Philippe au Havre en proposant à Jean-Paul Lecoq de fusionner nos listes", a expliqué à l'AFP le député LFI Paul Vannier.
A quatre jours du vote, candidats et partis tiennent leurs ultimes évènements d'avant-premier tour. Le Parti socialiste veut dénoncer dans une conférence de presse "les alliances de la honte" entre le RN et Les Républicains, en miroir à celle, la semaine dernière, du patron de LR Bruno Retailleau brocardant dans les mêmes termes les accords entre le PS et La France insoumise.
Le président LR du Sénat Gérard Larcher a lui estimé que les LR soutenant ou rejoignant des listes RN, UDR ou Reconquête n'avaient "plus leur place" au sein de son mouvement.
Le premier secrétaire du PS Olivier Faure sera au meeting du candidat François Briançon à Toulouse où la question de l'alliance avec LFI sera cruciale pour espérer déloger le maire (divers droite) sortant Jean-Luc Moudenc.
La secrétaire nationale des Écologistes Marine Tondelier sera quant à elle à Lille en soutien de son candidat Stéphane Baly.
Des débats télévisés ou meetings sont prévus jeudi, notamment à Marseille pour la candidate de la droite et du centre Martine Vassal, en grande difficulté face au maire sortant Benoît Payan (divers gauche) et au candidat du RN Franck Allisio.
La cheffe de file du RN, Marine Le Pen, a elle appelé mercredi sur Sud Radio les Français à rester concentrés sur les municipales même si l'actualité, avec la guerre en Iran, les "détourne un tout petit peu des urnes".

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